La CC-6534 en soins intensifs: 1ère partie

1ère partie: l’évaluation des dégâts

Au moment de son accident, en 2006, la série des CC 6500 était en fin de vie. La SNCF n’avait pas souhaité réparer la 6534 car le coût des réparations aurait été trop élevé (pièces et main d’oeuvre) par rapport à ce qui lui restait comme potentiel avant sa radiation. C’est donc tout naturellement que la 6534 fut radiée en l’état le 1er juin 2006. Longtemps hésitants, les membres fondateurs de SIMiL500 ont tout de même décidé de récupérer la machine et ont lancé le programme de réparation.
La première phase avant d’entreprendre les travaux consistait à évaluer le sinistre et ainsi faire un premier bilan sur les organes touchés. Les experts de la maintenance des CC 6500 du dépôt de Vénissieux ont déjà eu à faire à ce genre d’accident sur quelques engins de la série et, pour eux, la remise en état de la 6534 était réaliste si le processus à suivre était réfléchi et bien préparé.


Voici quelques photos de l’armoire BVR et de son voisinage prises lorsque la machine fut sauvée de destruction:

La BVR avec les clés de sécurité et, une fois retirée, une vue en direction du disjoncteur voisin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sol de l’armoire BVR, les tresses calcinées et les appareillages fondus témoignent de la violence de l’incendie

 

Les tôles ont vrillé sous l’effet de la chaleur et l’ensemble disjoncteur + cheminée de soufflage est recouvert de suie


L’incendie déclenché au niveau de la BVR a crée des dommages très importants sur chacun des systèmes essentiels à la machine (électrique, mécanique et pneumatique). En détaillant les trois parties on peut citer notamment :

Pour la partie électrique :

 – fonte du câblage BT+HT voisinant l’armoire BVR;
 – destruction des résistances, contacteurs et platines de la partie haute de l’armoire;
i– destruction du relais différentiel situé sous le coffret BVR;
 – mise en court-circuit de certains fils d’alimentation BT;
 – fonte de l’isolement des barres de connexion du circuit HT.

Pour la partie mécanique :
 – grippage des parties mobiles des contacteurs du bloc central et du disjoncteur (chaleur + suie);
 – 
Pour la partie pneumatique :
 – destruction de flexibles d’alimentation de l’appareillage du bloc central et du disjoncteur.

Là dessus il faut tout de même rajouter de manière plus générale l’odeur de brûlé ainsi que la suie qui s’est déposée dans de nombreux endroits du bloc central et sur des appareils voisins (compresseur, réservoirs, batteries et moteurs de traction principalement) mais aussi les quelques traces laissées par les résidus des extincteurs ainsi que les actes de malveillances qui ont eu un impact sur le câblage des moteurs ainsi que la disparition de la ligne de toiture.

A l’époque de la récupération de la machine par SIMiL500, il ne restait que quelques CC 6500 réformées en attente de départ vers le ferrailleur. Grâce aux conseils des cheminots du Matériel de Vénissieux, certaines pièces ont pu être récupérées sur ces machines là. Cela va du simple bouton poussoir aux gros organes comme la BVR. Cette étape arrivant à son but, le plus gros du travail a pu donc commencer: le nettoyage.

Accédez à la 2nde partie: le nettoyage ⇒